Pierre Tremblay
O.C., ARP, Fellow CPRS/SCRP
1929-2010
Québec, Québec
 

Pierre Tremblay est un véritable pionnier des relations publiques au Québec. Il a ouvert le tout premier bureau de conseillers en relations publiques dans la ville de Québec. Son influence a marqué l'action de nombreuses organisations sociales, politiques, commerciales et environnementales québécoises. Encore en 2005, il siège à une douzaine de conseils d’administration, partageant ainsi plus de 40 ans d’expérience et de connaissances en relations publiques.

Bien que sa carrière ait débuté officiellement en 1952, l’âme du communicateur se manifeste dès les études secondaires. En 1946, cet étudiant des arts modernes de l’Académie de Québec ne manque pas une occasion de mobiliser les étudiants autour d’innombrables activités, de la troupe de théâtre aux débats oratoires, s’intéressant au passage au volet politique des associations étudiantes.

Au cours de ses études universitaires, Pierre Tremblay se hisse rapidement aux premières loges de l’Association générale des étudiants de l’Université Laval (A.G.E.L.). En 1947-1948, il y œuvre à titre de responsable des communications et des relations extérieures. C’est d’ailleurs grâce à la vigueur de ce lobbyiste en herbe que le tout premier francophone, Maurice Sauvé, a été élu à la tête de la Fédération nationale des étudiants d’universités canadiennes (1947). Au cours de ce même mandat, il participe également à une vaste campagne de souscription pour l’achat des terrains qui serviront à l’expansion du campus qui deviendra la Cité universitaire. En 1949, il est élu président de l’A.G.E.L.

Ainsi se sont manifestés les premiers signes d’une longue carrière en relations publiques pour le jeune Tremblay. Son intérêt pour la communication ne s’éteindra jamais.

Posté à Winnipeg, puis à Nelson (C.-B.), il fait ses premières armes avec la Compagnie de la Baie d’Hudson, où il se familiarise avec la vente, le marketing et la publicité. Mais sa carrière ne prendra son véritable envol qu’en 1955, alors qu’il participe à la relance du Carnaval de Québec. Ayant déjà connu des succès remarquables lors de son passage au Comité des fêtes du Centenaire de l’Université Laval (1951) et au Conseil central des œuvres (1952-1957) avec la campagne de souscription de la Plume Rouge (aujourd’hui Centraide), il décide de consolider son expertise de relationniste et devient le premier employé permanent du Carnaval de Québec en 1957. Il passe ensuite à la direction des ventes et des relations extérieures (Est du Québec) pour la compagnie Rothmans Pall Mall (1958-1963) et accepte le mandat de conseiller au président de Rothmans et de Rock City Tobacco Ltd (1961-1962). Il prend enfin la présidence du Carnaval de Québec en 1962-1963, avant d’ouvrir sa propre firme de relations publiques.

Capitalisant sur ses succès antérieurs et le vaste réseau qu’il a développé au fil des années, Pierre Tremblay fonde, en juillet 1963, l’agence Pierre Tremblay et associés qui deviendra plus tard Pierre Tremblay Publicité inc. Il s’agit du tout premier bureau de conseillers en relations publiques dans la Vieille Capitale. L’agence s’oriente essentiellement vers les campagnes de relations publiques, mais elle se dote de nouveaux secteurs au fil des années, en offrant à sa clientèle des services de publicité, de production graphique et de photographie commerciale. Menée de main de maître, l’agence remporte de nombreux prix au Québec, au Canada et aux États-Unis.

Son fondateur ne tarde pas à en faire une entreprise florissante et à rechercher des alliances stratégiques sur les marchés encore peu encombrés de Québec et de Montréal. En 1982, Pierre Tremblay et associés fait l’acquisition de la plus ancienne firme francophone de relations publiques de Montréal, Publicité-Services, fondée en 1946 par MM. Placide Labelle, Marcel Paré, Nolin Trudeau et Jacques Girouard, d’authentiques pionniers. Quatre ans après, en 1986, il vend son agence au groupe Marketel Publim McCann et poursuit ses activités tout en conservant le nom de Pierre Tremblay et associés. Il consacrera alors ses énergies à la consultation stratégique en relations publiques et à la promotion. L’agence Pierre Tremblay et associés inc. subsiste toujours quarante-deux années plus tard.

CONTRIBUTIONS À LA COMMUNAUTE ET À LA PROFESSION

Relations publiques

  • Société canadienne des relations publiques, vice-président national, section des consultants (1985) et président national (1986)
  • National Advertising Agency Network (NAAN), membre du comité exécutif (1975-1978); la NAAN compte des membres dans 47 villes américaines et 12 villes en Europe et en Asie ; son siège social est à New York.

Santé

  • Société canadienne de la Croix-Rouge, vice-président de la campagne de souscription, région de Québec (1973)
  • Société canadienne contre l’arthrite, section Québec, vice-président (1975)
  • Maison Michel Sarrazin, comités des communications et des finances (1985)
  • Comité provincial des malades, patron d’honneur pour la campagne annuelle de financement (1985-1986)
  • Résidence Cardinal Vachon, Unité des soins intensifs, responsable des communications pour la campagne de souscription de cinq millions de dollars (1985-1990)
  • Société Alzheimer du Canada, comité des communications (1997-1998)
  • Société Alzheimer du Canada, région de Québec, membre du conseil d’administration (1996-2000); premier vice-président (2000-2002); président (depuis 2002)

Arts et Culture

  • Concours de musique du Québec, organisation (1974-1976)
  • Bibliothèque municipale de Québec, inauguration (1983-1984)
  • École de danse moderne Danse-Partout, administration (1984)
  • Orchestre symphonique de Québec, président, campagne de souscription (1984)
  • Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale du Québec et Association des services en horticulture ornementale du Québec, gestion-conseil (1992)
  • Cirque du Soleil, soirée bénéfice pour la première du Cirque, promotion (1992)

Éducation

  • Université Laval, organisateur et promoteur du Centenaire (1952)
  • Université Laval, collaborateur à la campagne de financement de 25 millions de dollars (1985)
  • Université Laval, Fonds Georges-Henri Lévesque (bourses de fin d’études de doctorat), administrateur (1993-2004)
  • Université Laval, membre du conseil universitaire ADUL-CODRUL

Tourisme et loisirs

  • Carnaval de Québec, conseil d’administration (1957-1978) et sa fondation (1955-1956)
  • Ordre du Bonhomme Carnaval, fondation et gestion (1965-2005)
  • Exposition provinciale de Québec, direction et collaboration (1978-1988)
  • Floralies internationales de la ville de Québec, direction et collaboration (1976)
  • Visite du Pape au Québec, collaboration (1984)
  • Festival international d’été de Québec, collaboration (1989)
  • Festival des Grands voiliers, collaboration (1989)

Philanthropie

  • Centraide, responsable de la mise sur pied des bureaux de La Pocatière et de St-Hyacinthe (1954-1956), et vice-président aux relations publiques et publicité pour la campagne de souscription de Centraide Québec (1978-1979)
  • Conseil central des œuvres de Québec, campagne de souscription de la Plume Rouge (aujourd’hui Centraide), responsable des relations extérieures (1952-1957)

Politique

  • Conseil pour l’unité canadienne (CUC), président du comité provincial de la semaine du Canada (1975); président provincial (1992); vice-président national (1987-1988 et 1991); président national (1993-1994); membre du comité provincial Québec pour le référendum (1995); directeur général du bureau de Québec (2000)
  • Course à la chefferie pour Robert Bourassa, Parti libéral du Québec, services conseils (1969)
  • Parti libéral du Québec, agence de publicité désignée, élections générales de 1970, 1973 et 1976

Industrie et Commerce

  • Chambre de commerce et d’industrie du Québec métropolitain, président (1974)
  • Chambre de commerce de la province de Québec, membre du conseil de direction (1975-1980), président (1980-1981)
  • Conseil de la Chambre de commerce du Canada, représentant du monde des affaires au Conseil consultatif canadien de l’emploi et de l’immigration (1982-1985)
  • Association nautique de Lac Sergent, promoteur de projets (1967)
  • Chargex (aujourd’hui Visa), responsable de l’implantation du système dans 44 villes du Québec, à l’extérieur de Montréal (1974)
  • Société inter-port de Québec, président (1975-1976)
  • Fédération des chambres de commerce du Québec, président du concours annuel Les Mercuriades (1982)
  • Banque Nationale du Canada, responsable de la mise en place de comités consultatifs régionaux (1986-1987)
  • Sommet de la francophonie, consultant auprès de la République du Togo (1986)

Environnement et conservation

  • Fédération québécoise pour le saumon atlantique, administrateur (depuis 1984); secrétaire (1991-1992)
  • Fondation François de Beaulieu-Gourdeau, pour la promotion, la conservation et la protection de la ressource saumon, vice-président (1992)
  • Fondation de la faune du Québec, administrateur (1993-1997)
  • Atlantic Salmon Federation (Canada) de St-Andrews, N.-B., administrateur (1995); vice-président du conseil d’administration (1998-2004)
  • Fonds de recherche interuniversitaire sur le saumon atlantique (FRISA), vice-président exécutif (1997)
  • Organisation pour la conservation du saumon de l’Atlantique Nord (OCSAN), représentant canadien (1996-2004) et président de la Commission nord-américaine de l’OCSAN (2002-2004)

Honneurs et reconnaissances

  • Société canadienne des relations publiques, Agrément (1971)
  • Société canadienne des relations publiques, Écusson de service public (1975)
  • Mess des officiers de la Citadelle de Québec, membre honoraire (1987-1988)
  • Fondation de l’Université Laval, gouverneur (1990)
  • Les diabétiques de Québec, président honoraire (1991-1992)
  • Confédération du Canada, Médaille commémorative du 125e anniversaire (1992)
  • Conseil pour l’unité canadienne, gouverneur (1994)
  • Cercle de la garnison, membre émérite (1996)
  • Officier de l’Ordre du Canada (1998)
  • Élu à l’Académie des Grands Québécois (1999)
  • Société canadienne des relations publiques, Collège des Fellows (2001)

LES CHANGEMENTS DANS LA PRATIQUE : LE POINT DE VUE DE PIERRE TREMBLAY

Les changements liés à la planification stratégique

Les relations publiques ne sont pas nées le jour où on a eu suffisamment de moyens pour communiquer, car elles existaient dans les temps les plus lointains, affirme Pierre Tremblay. Cependant, à l’époque où il commence à pratiquer, les moyens sont certes plus limités. Homme d’expérience et de terrain, il fait remarquer que, de tous les temps, les notions utilisées en relations publiques ont toujours été l’analyse, la réflexion et la décision, soit des fonctions humaines, peu importe les outils mis à la disposition du relationniste.

Des techniques ont en effet été développées et instaurées au fil des années. Les systèmes d’audit et tous les processus qui permettent de vérifier la qualité des communications avec les clients, les actionnaires, les employés et autres publics sont basés sur les mêmes principes fondamentaux : analyser ce qui est en place; vérifier et juger si cela convient; modifier s’il le faut; et planifier pour donner l’orientation souhaitée.

À son avis, les entreprises, associations ou organisations gouvernementales auront toujours besoin de faire connaître des informations à des cibles. Et les canaux pour transmettre les messages sont en constante évolution. Il prend pour exemple le concept publicitaire : qu’il soit dessiné sur papier ou réalisé à l’aide du logiciel le plus sophistiqué, le message peut être transmis tout aussi efficacement par l’un et l’autre des moyens si l’on sait ce que l’on veut dire.

Enfin, s’il est vrai que la planification des communications se fait de nos jours très différemment, soutient M. Tremblay, elle s’avère essentielle pour l’évolution des relations publiques, peu importe l’époque et les moyens.

Les changements liés à la gestion de la réputation

Gérer l’image ou la réputation d’une entreprise, ou de tout type d’organisation, ne relève pas des techniques modernes de communication, mais a toujours été une fonction très importante des relations publiques. Pierre Tremblay se rappelle du temps où il a participé à la course à la chefferie pour Robert Bourassa et à l’élaboration des campagnes électorales pour les Libéraux du Québec. La crédibilité du sujet déterminait l’efficacité du message. La stratégie de communication consistait donc à bâtir une image crédible du futur chef ou du parti politique pour ensuite persuader les publics d’adhérer à son programme, donc à son contenu.

Il va sans dire que la gestion de la réputation passe aussi par la publicité, un des domaines que maîtrisait son agence. Qu’il s’agisse de campagnes politiques, sociétales ou commerciales, la publicité permet de vendre à la fois le messager et le message. Pierre Tremblay cite en exemple le logo de la Société des alcools du Québec qu’il a réalisé avec son équipe. Selon sa vision des choses, il s’agissait d’un moyen important pour convaincre le public du message que la SAQ voulait transmettre. Son insistance à vouloir identifier la valeur de l’entreprise par l’image lui a donné raison, car on ne peut nier la contribution importante du logo dans la modernisation de la Société au cours des vingt dernières années.

De nos jours, les campagnes d’image sont davantage élaborées et souvent plus subtiles, mais on a toujours recours à une forme ou l’autre de communication pour persuader nos publics.

« La réputation et l’image des individus ou des corporations sont devenues de première importance maintenant que nous disposons de tant de moyens si rapides et si complexes », souligne M. Tremblay. « Très souvent, la qualité de la réputation ou de l’image conditionne nos décisions de consommation ou de participation. C’est donc un élément très dynamique de notre vie en société en 2005. »

Les changements dans la pratique des relations publiques

Pierre Tremblay se définit comme un praticien des relations publiques. Quel que soit le domaine d’intervention, c’est-à-dire la publicité, les relations de presse, la communication interne, la promotion, la vente, la recherche de financement, le lobbying, etc., il insiste pour dire que le praticien demeure le promoteur de l’idée et qu’il est partie prenante de la stratégie de communication.

Lorsqu’on lui demande si la profession a subi de grands bouleversements en quarante ans, voici ce qu’il répond : « La profession a connu des changements importants à divers plans. D’abord, le nombre de nouveaux diplômés chaque année est effarant comparativement au passé et aux besoins du marché. De plus, la profession est devenue presque exclusivement féminine. »

Il explique qu’à l’époque, les relationnistes provenaient la plupart du temps du domaine du journalisme (ce qui n’est pas son cas, par exception). On devenait relationniste au hasard du développement d’une carrière car la formation universitaire n’existait pas. Le développement d’une formation structurée a apporté au fil des ans une pratique basée sur de nouveaux thèmes. Cette formation est aujourd’hui imprégnée d’un vocabulaire universitaire. Bien qu’à l’époque on ne parlait pas d’axe de communication, la fameuse formule RACE constituait et constitue encore le point de départ de toute action. Elle n’est pas moins pertinente de nos jours.

La façon de faire des 30-40 dernières années était certes moins structurée puisque les apprentissages l’étaient moins. Le réseautage était la porte d’entrée de la recherche et de l’analyse des environnements, aussi bien que de l’évaluation des actions menées. Quant à l’action, elle a toujours été tributaire des moyens dont dispose le relationniste.

Pierre Tremblay insiste sur l’important bouleversement qu’a provoqué la venue de l’ordinateur et d’Internet. Cet imposant outil a grandement facilité la recherche en donnant accès à une documentation inouïe; il permet de rejoindre les publics beaucoup plus rapidement et dans des segments beaucoup mieux définis.

Si les façons de faire ont pris de nouvelles allures, le processus de communication n’en est pas pour autant modifié, selon les dires de Pierre Tremblay. Qu’il s’agisse d’une situation de crise ou d’une campagne de promotion d’un nouveau produit, la problématique et les objectifs demeurent fondamentalement les mêmes : rechercher, informer, segmenter les marchés, cibler, mesurer nos résultats... « Nous avons encore besoin de savoir ce que pensent les gens, de réfléchir sur ce qu’on veut dire, de faire un plan. Mais on ne convoque plus une conférence de presse de la même façon; les canaux pour transmettre nos messages sont en constante évolution, et ce, à un rythme effarant. »

Finalement, l’apparition de nouveaux moyens a ouvert la pratique à des dimensions incroyables aux plans géographique et humain, et la communication est devenue beaucoup plus globale.

Les disciplines de la communication sont aujourd’hui plus nombreuses, mais aussi plus intégrées que jamais, et le coffre à outils du communicateur comprend davantage d’instruments. Que ce soit le marketing, la publicité ou les relations publiques qui dominent une campagne, celle-ci, la plupart du temps, complétée par une ou d’autres disciplines de la communication. Enfin, chaque campagne requiert la sage utilisation des outils à la disposition du communicateur; c’est ce qui en détermine le succès.

Sa plus grande réussite en carrière

Le succès que récolte Pierre Tremblay en prenant les rennes du Carnaval de Québec en 1963 l’a non seulement propulsé au rang des hommes influents, mais a constitué une plate-forme pour l’ensemble de sa carrière de relationniste.

Cette expérience lui a ouvert les portes de la profession. Simple exécutant à ses débuts, le jeune relationniste comprend vite que le succès de l’événement repose sur la planification des communications, et il a tôt fait de démontrer ses qualités d’organisateur, sa facilité à développer des réseaux, sa capacité de persuasion... bref, c’est là qu’ il découvre sa véritable passion.

Pierre Tremblay a ainsi pu capitaliser sur ses forces pour développer des relations privilégiées avec les gens d’affaires, puis fonder et faire prospérer sa propre entreprise de relations publiques.

Un autre événement marquant de sa carrière a été l’enregistrement visuel, dans le plus grand secret, du déclenchement des élections générales du Québec en 1976, par Robert Bourassa. L’original a aussitôt été envoyé à New York pour que des copies soient faites par des techniciens locaux qui n’en comprenaient pas le contenu, évitant ainsi les fuites. Quelques jours plus tard, les copies furent distribuées aux différents médias du Québec.

Son expérience la plus difficile en carrière

L’expérience la plus difficile en carrière a sans doute été la campagne d’information que Pierre Tremblay a eu à mener peu de temps avant l’ouverture des Jeux Olympiques de 1976. L’enjeu consistait à convaincre les publics québécois, canadiens et internationaux que le Québec serait bel et bien prêt à accueillir les Jeux. Intitulée Nous serons prêts, cette vaste campagne télévisuelle n’allait pas de soi, car il fallait d’abord que les messagers se convainquent du message qu’ils s’apprêtaient à livrer. Beaucoup de problèmes avaient surgi dans la préparation des Olympiques et, à peine un an avant l’ouverture, les gens se demandaient si les Jeux auraient véritablement lieu. Comment vendre la confiance que les installations seraient prêtes au bon moment?

Pierre Tremblay raconte qu’il a fallu faire appel à une stratégie peu commune, voire un subterfuge, pour créer le message qui devait rassurer la population du Québec et la population internationale quelques semaines avant l’ouverture des Jeux. « Nous avons dû faire compléter une petite section du stade olympique pour tourner la publicité, alors qu’on coulait encore du béton à l’étage du dessous! Nous avons eu raison d’agir ainsi car, finalement, les Jeux de Montréal commencèrent comme prévu et l’honneur de Montréal et du Canada fut sauvé. »

Son engagement envers la Société canadienne des relations publiques

Quiconque croit à la valeur de la communication ne peut ignorer les organisations qui en font la promotion, dira Pierre Tremblay. Elles sont des lieux d’échanges exceptionnels où l’on trouve chez les collègues ce que l’on ne possède pas et, à l’inverse, où l’on apporte les expériences et connaissances que les autres n’ont pas.

C’est à travers les activités de la Société canadienne des relations publiques (SCRP), telles que les conférences annuelles, les groupes de travail et les activités sociales que ce pionnier des relations publiques a établi son réseau de pairs – la Société des relationnistes du Québec (SRQ) n’existait pas à l’époque.

La SCRP, tout comme la National Advertising Agency Network (NAAN), ont été des repères importants pour acquérir des connaissances et évoluer dans sa profession. De fait, ces organisations, explique-t-il, constituent des instances par excellence pour établir les jalons de la pratique (benchmarking).

Des conseils aux nouveaux relationnistes

D’entrée de jeu, Pierre Tremblay clame que le relationniste de demain est celui à qui la nature aura fait don d’un bon jugement.

Toutes les habiletés peuvent s’acquérir, alors que le jugement est une denrée dont l’être est ou n’est pas doté. Il s’agit de la qualité première que doit posséder le candidat à la profession. « Le jugement, c’est le foyer de tout ce qu’on a appris, de ce qu’on a vu et entendu, pour être absorbé, compris, jugé, et pour ensuite être utilisé lorsqu’on en aura besoin », explique-t-il.

Le futur relationniste doit posséder trois principaux outils:

  • de grandes oreilles, pour écouter;
  • de grands yeux, pour voir partout ce qui se passe; bien regarder, non pas d’un regard furtif, mais s’arrêter et bien s’informer;
  • une capacité d’analyse et de jugement.

La formation universitaire contribue efficacement à développer les habiletés nécessaires pour développer d’excellents praticiens, mais l’apprentissage ne se limite pas au cours structuré, selon M. Tremblay. Le relationniste devra faire ses classes une fois sur le marché du travail. Les portes ne pourront s’ouvrir qu’en fonction des efforts qu’il consacrera à sa profession, notamment :

  • s’associer à des groupements, des associations et des organisations dans divers réseaux;
  • faire beaucoup de réseautage, c’est-à-dire, se mêler à différents milieux, non seulement au plan professionnel, mais au plan plus personnel, par exemple en soutenant des causes communautaires;
  • consacrer plusieurs heures à la pratique et au développement de sa carrière; on n’exerce pas une profession de communicateur en restant assis derrière son bureau; il est essentiel de travailler en équipe.

L’avenir de la profession

Le grand nombre de diplômés que produisent aujourd’hui les universités inquiète Pierre Tremblay. Il se questionne sur la place qu’auront tous ces gens dans la profession. Il se réjouit cependant du fait qu’il existe beaucoup plus de petites entreprises de communication. Celles-ci constituent des lieux d’apprentissage par excellence pour les jeunes relationnistes, parce qu’elles exigent une plus grande polyvalence.

Alors que les moyens de communication extrêmement rapides sont maintenant à la disposition de tous, il lui semble que les relationnistes seront de plus en plus sollicités, et que leur présence sera nécessaire à la vitalité des corporations et associations. Même les plus petits groupes, associations ou sociétés devront continuer à faire appel aux communicateurs. Cela est encore plus vrai pour les moyennes et grandes entreprises tant pour faire connaître leurs intérêts et leur raison d’être que pour écouter ce que le public pense d’eux, de leurs produits ou de leurs services.

Pour Pierre Tremblay, l’avenir de la profession semble assuré dans la mesure où les moyens de communication continueront à se multiplier et à se raffiner. « Sans doute notre société du troisième millénaire nécessitera-t-elle un plus grand nombre de relationnistes, toujours mieux équipés et utilisant des techniques plus adaptées aux défis de notre époque! »