Ruth Hammond
ARP, Fellow SCRP
Toronto, Ontario

Faits saillants de carrière Ruth Hammond débute sa carrière comme professeure d'anglais et d'histoire en Ontario, puis dans les Bahamas au cours des années 1940. À son retour au Canada, elle entreprend une carrière journalistique avec The Toronto Star, où elle est chroniqueuse féminine de 1946 à 1950.

En tant que membre de la première Guilde canadienne des journalistes au quotidien The Toronto Star, Mme Hammond est l'une des premières femmes à avoir milité en faveur de gains significatifs en termes de salaire, de droits et de conditions de travail pour les employés des salles de nouvelles.

Elle forme par la suite sa propre entreprise de consultants en relations publiques. Parmi ses premières clientes, on retrouve Kate Aitken, une des journalistes les plus en vue de l'époque. Ruth Hammond dirige également le programme de relations publiques de la Division des femmes de la Canadian National Exhibition. Au cours des années 1950, les organismes caritatifs se multiplent partout au Canada et plusieurs d'entre eux ont besoin d'aide au niveau de leurs communications. Rith Hammond est invitée par plusieurs dirigeants de tels organismes, dont la Société canadienne du cancer, la Fondation des maladies du cœur de l'Ontario, l'Association pulmonaire, les YM/YWCA du Canada, les Guides du Canada ainsi que United Way, pour les appuyer dans la gestion de leurs programmes de communications et de relations externes. Grâce à sa vaste expérience et à ses contacts dans les médias, Ruth Hammond devient une personne-ressource en demande pour toute campagne de financement.

En 1956, Ruth Hammond devient membre de la Société canadienne des relations publiques et fait ainsi partie des premières femmes relationnistes à prendre part aux activités de la Société.

Parmi ses premiers mandats auprès des Guides du Canada, elle doit réaliser un film portant sur un camp-conférence international et coordonner des entrevues radiophoniques avec les campeuses internationales. Coïncidence, parmi ses clients corporatifs, on retrouve Christie Brown and Company Limited, entreprise qu'elle décide d'associer à son travail auprès des Guides. Ruth Hammond a aussi offert des conseils en communication à des firmes comme la Métropolitaine compagnie d'assurance-vie et Xerox Canada, en plus de s'occuper de la publicité entourant le développement du Guild Inn de Scarborough.

Hammond est sollicitée pour travailler chez Young and Rubicam lorsque cette entreprise ouvre un cabinet de relations publiques au sein de son agence de publicité, dont la clientèle compte quelques grands noms, comme la Métropolitaine assurance-vie, Xerox Canada, Lipton, Procter and Gamble et d'autres entreprises internationales. Sa carrière comprend aussi des mandats à titre de directrice des relations publiques pour l'Amérique du Nord chez Drake International Limited, directrice des relations publiques et des relations avec les diplômés de l'Ontario College of Art, et vice-présidente et directrice générale, relations publiques, chez Vickers and Benson Advertising. Fervente partisane de l'importance de l'éducation en relations publiques, Ruth Hammond a créé, avec d'autres collègues, des cours de relations publiques au Ryerson Polytechnical Institute (maintenant appelé Université Ryerson), à l'Université York et à l'Université de Toronto.

Elle a été administratrice de la Société canadienne des relations publiques (Toronto) de 1969 à 1974 et s'est profondément engagée dans la mise sur pied du processus d'agrément de la Société.

    Réalisations importantes

    • Prix de service émérite, Fondation Belmont House, 2002.
    • Collège des Fellows de la Société canadienne des relations publiques, 2001.
    • Doctorat honorifique, Sc. Hum. et Litt., Université Mount Saint Vincent, 1998.
    • Prix commémoratif Philip A. Novikoff, Société canadienne des relations publiques, 1995.
    • Membre à vie, Société canadienne des relations publiques, depuis 1989.
    • Prix d'excellence en communications, Collèges communautaires de l'Ontario, 1986.
    • Prix d'excellence, Ontario College of Art, 1982.
    • YWCA, Prix " Woman of Distinction ", 1985.
    • Certificat de réalisations exceptionnelles, relations publiques et éducation, Gouvernement de l'Ontario, 1985.
    • Association internationale des professionnels de la communication, Prix d'excellence Gold Quill, pour le programme de relations externes de l'Ontario College of Art, 1980.
    • Prix de réalisations exceptionnelles, Société canadienne des relations publiques, 1979.
    • Première femme membre agréée, Société canadienne des relations publiques, 1968.
    • Membre, Société canadienne des relations publiques, 1956-1989.

      Contributions à la profession et à la communauté

    • Administratrice, Fondation Belmont House, 1998-2002.
    • Administratrice, Toronto Press Club, 1980-1994.
    • Administratrice, Société canadienne des relations publiques (Toronto), 1969-1974.
    • Présidente, Canadian Women's Press Club, Toronto, 1966-1967.

    RÉFLEXIONS DE RUTH HAMMOND SUR LES CHANGEMENTS DANS LA PRATIQUE DES RELATIONS PUBLIQUES DEPUIS 1950

    Les changements dans la planification des communications stratégiques
    La pratique des relations publiques est devenue beaucoup plus stratégique avec le temps. Nous accumulons présentement un corpus de connaissances. Tout le monde se soucie d'effectuer les recherches et l'évaluation appropriées plutôt que de se concentrer uniquement sur les tactiques. L'utilisation de la formule RACE en tant que principe directeur destiné à élargir et à faire reconnaître notre travail a été d'une valeur inestimable.

    S'il y a un domaine où les changements ont été significatifs, ce sont les relations avec les médias. Il semble que tout ce qui se dit, sur quelque tribune publique que ce soit, n'est plus considéré comme confidentiel. La confiance entre le journaliste et le public en a pris pour son rhume. Les firmes de relations publiques doivent être encore plus vigilantes dans leur gestion de la nouvelle ou dans leurs conseils aux dirigeants d'entreprise qui prennent part à une activité médiatique. En même temps, de meilleures relations et une plus grande confiance se sont créées entre les deux parties, avec la maturité et la coopération.

    Alors que j'étais journaliste, il était interdit d'émettre une opinion personnelle. Un article de nouvelle ne devait contenir que des faits, rédigés de la façon la plus humaine possible, mais sans biais ni penchant. Au quotidien Star, j'étais la première femme autorisée à couvrir les actualités locales. Quand j'apercevais des éléments personnels dans un article, je les coupais. On m'avait enseigné à supprimer mes opinions ou penchants personnels et de les vérifier si j'avais des doutes. Une fois l'article signé, son auteur doit s'assumer. Mais de nos jours, de plus en plus, on voit des nouvelles manifestement biaisées, ce qui est inacceptable. Autrefois, nous pouvions compter sur des rédacteurs en chef, des vétérans du journalisme, qui passaient en revue à maintes reprises les recherches et le texte. Aujourd'hui, l'article se rend directement à la salle des nouvelles, saute sur l'autoroute électronique de l'information et se fait publier. On insiste beaucoup moins sur l'exactitude et l'objectivité.

    Les changements en gestion de la réputation
    Les relations publiques ont évolué avec le temps dans la façon dont les firmes acceptent les consultants de l'extérieur. Autrefois, les grandes firmes utilisaient leur personnel à l'interne pour exécuter les activités appelées " affaires publiques " au sein de l'organisation. Aujourd'hui, on est beaucoup plus sensible à la nécessité d'impliquer des professionnels des relations publiques pour aider les gestionnaires à répondre à leurs besoins et aux besoins de l'entreprise.

    On a déjà vu des relationnistes qui, après avoir signé un contrat, ont été contraints par la direction de l'entreprise d'exécuter des mandats pouvant s'avérer inappropriés ou contraires à l'éthique. Aujourd'hui, la population étant plus éclairée et mieux éduquée, les grandes firmes sont de plus en plus sensibles aux pratiques exemplaires et à la collaboration avec le personnel de relations publiques lorsqu'elles passent en revue leurs responsabilités et programmes.

    Les changements dans la pratique des relations publiques
    Au moment où j'ai débuté en journalisme, les relations publiques étaient appelées de façon plutôt informelle publicité ou communications. Plus souvent qu'autrement, les affaires publiques des grandes firmes et entreprises étaient confiées à des hommes plutôt qu'à des femmes. Ceux-ci connaissaient des collègues au sein du conseil d'administration et avaient l'avantage de profiter de contacts essentiels dans les milieux où ils œuvraient. Les hommes continuaient à développer leur réseau de relations publiques. Dans une certaine mesure, du moins au début, les femmes étaient désavantagées. On leur interdisait l'accès au système de réseautage exclusivement masculin et on leur refusait des mandats qui revenaient aux hommes. Les femmes possédaient les compétences et la détermination nécessaires pour réussir, mais elles devaient d'abord avoir accès à la pratique de la profession. Fort heureusement, ce n'est plus le cas partout de nos jours. Les femmes s'adaptent mieux et, comme le dirait un de mes collègues masculins, elles sont des négociatrices-nées! J'ai commencé à créer mon propre réseau de contacts essentiels et mes liens d'affaires au moment où je suis passée du côté des relations publiques. J'avais l'expérience de la presse écrite et j'ai utilisé ma compréhension du fonctionnement des médias à mon avantage.

    En partie, j'ai contribué à faire progresser les occasions de formation en relations publiques à la fois pour les hommes et pour les femmes, à développer des contenus de cours à l'intention des collèges et universités, et à convaincre les entreprises et les facultés d'éducation permanente de la nécessité d'inclure des contenus de cours portant sur les relations publiques, afin d'offrir une formation bien étoffée. J'ai aussi aidé les enseignants à changer la façon dont on enseignait les relations publiques. Pendant les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, on enseignait cette matière à partir de manuels américains, en insistant sur la théorie plutôt que sur la pratique. Nous avons réussi à convaincre les professeurs du bien-fondé d'enseigner la profession à partir d'études de cas récentes et pertinentes. Je me suis assurée du soutien de relationnistes chevronnés qui venaient s'adresser aux étudiants et leur proposer des exemples pratiques de mandats qu'ils avaient exécutés. Les étudiants ont appris directement quelles approches avaient connu du succès et quelles idées avaient échoué.

    Nous sommes devenus plus professionnels avec les années et nous nous concentrons moins sur les médias qu'auparavant. À mes débuts, l'agrément n'existait pas. Aujourd'hui, il est devenu primordial d'obtenir ce titre. Je connais des relationnistes qui ne croient pas en la valeur de ce processus, mais il leur faut penser plus loin que " je sais ce que je vaux ". À mes débuts, il nous a fallu travailler fort pour mettre sur pied le processus d'agrément afin de conférer des normes élevées à la profession. Les prochaines générations doivent continuer à appuyer ce type de professionalisme. Si nous voulons être perçus comme une véritable profession, nous devons nous doter de normes mesurables. La plus grande réussite de sa carrière

    En 1968, j'ai eu la chance unique de devenir la première femme agréée par la Société canadienne des relations publiques. Au cours des premières années, il n'existait pas de bon manuel canadien sur les relations publiques. Forbes LeClair et moi avons donc rédigé un ouvrage fondé sur notre expérience canadienne, que nous avons intitulé Public Relations for Small Business, qui fut rapidement suivi de plusieurs autres manuels liés à nos expériences canadiennes et à des références internationales.

    Toutes les réalisations que je préfère sont reliées à l'avancement de la profession, surtout en termes de formation et de développement professionnel. En 1985, j'ai reçu un certificat de la part du Premier ministre William Davis et du gouvernement de l'Ontario, en reconnaissance de mon engagement dans l'avancement de l'éducation au sein de la population ontarienne. On peut y lire ce qui suit :

    " Ruth a généreusement fait don de ses temps libres afin de servir la cause de la formation en relations publiques. Au cours des 20 dernières années, des générations d'étudiants ont assisté à ses cours du soir stimulants, à Ryerson et aux universités York et de Toronto. [Ruth a été] un élément indispensable à la qualité des relations publiques au Canada, pour aujourd'hui et pour demain. "

    Et bien sûr, le Prix Women of Distinction du YWCA, ainsi que le doctorat honorifique de l'Université Mount Saint Vincent University ont aussi été des moments importants de reconnaissance envers l'avancement de la profession.

    Le pire moment de sa carrière
    Un jour, j'ai égaré Hubert Humphrey, alors vice-président des États-Unis. Je ne le trouvais nulle part. Il partait de Boston, au Massachusetts, et avait fait une brève escale à Montréal pour y donner une allocution. Il devait ensuite s'adresser à Ottawa à l'ensemble des députés de la Chambre des Communes. À Toronto, nous avions prévu une salle des médias spéciale pour les représentants de la télévision et de la radio, ainsi qu'une salle réservée aux entrevues privées avec lui. Les responsables téléphonaient à Ottawa pour dire qu'ils avaient appelé Montréal où on leur avait annoncé que Humphrey n'était pas encore arrivé. Il devait prononcer son allocution à 14 heures et personne ne savait où il se trouvait. Nous étions frénétiquement à sa recherche. J'ai téléphoné à mes contacts américains, et même l'ambassade des États-Unis ignorait où il pouvait être. Finalement, nous avons découvert qu'un député avait offert une limousine à Hubert Humphrey et que cette limousine s'était enlisée dans un banc de neige. Le chauffeur et le vice-président américain avaient été rescapés par un camionneur. Pendant cinq heures, les gouvernements canadien et américain avaient perdu la trace du vice-président, qui parcourait les routes enneigées d'Ottawa à bord d'un camion. Son engagement envers la Société canadienne des relations publiques

    Lorsque j'ai débuté mon association avec la SCRP au cours des années 1950, beaucoup de gens communiquaient avec nos membres pour obtenir des emplois et pour rencontrer de jeunes candidats à la recherche d'emplois. Je me suis demandé s'il était possible de mettre sur pied un service destiné à aider les aspirants relationnistes, un endroit où les membres de la SCRP pourraient nous demander de l'aide. J'ai donc démarré un projet distinct à ces fins et j'ai aidé toutes sortes de jeunes professionnels, sans demander de rémunération. Cela me demandait beaucoup de temps, c'est certain.

    Avec l'aide de nos membres, nous avons donc mis sur pied un service de ce genre à partir de mes propres bureaux. Les grosses entreprises de recherche de cadres l'ont rapidement utilisé sans payer, tout en demandant d'importants frais de recrutement et en refusant de verser à la Société canadienne des relations publiques des frais minimes destinés à notre fonds d'éducation.

    Heureusement, Mel James, directeur des relations publiques chez Bell Canada, a accepté de soutenir ce service, qui s'est avéré d'une valeur inestimable pour les jeunes gens qui désiraient démarrer dans la profession. Conseils aux candidats à la profession

    Je ne crois pas que quiconque doive entreprendre un cours d'administration des affaires qui ne comporte au moins un élément de relations publiques. Tout le monde dans le domaine des affaires doit connaître les bases théoriques et pratiques de la communication. Le conseil que j'ai à offrir consiste à trouver un bon cours général en relations publiques et à le suivre. Ne cherchez pas à vous spécialiser.

    Pour réussir dans cette profession, il faut être un généraliste accompli, connaître suffisamment la politique, les médias et les communications stratégiques. Mais ce n'est pas une garantie de succès en soi. Réussir en relations publiques demande une bonne dose de bon sens. Et il faut aussi vous dénicher un bon mentor. J'ai enseigné à mes élèves que les médias sont puissants. Vous devez faire très attention à ce que vous dites ou faites. Si vous laissez quelque chose vous échapper, il est trop tard pour vous rattraper. Un parfait exemple de ceci s'est produit avec le président George Bush. Au sujet de la politique extérieure, plus précisément du conflit en Irak et au Moyen-Orient, Bush a eu de la difficulté à persuader les Américains de comprendre différemment ses paroles et ses actes. Une fois qu'il les a laissés sortir, il ne pouvait plus les reprendre!

    L'avenir des relations publiques
    J'ai été très impressionnée par ce qui s'est produit au cours des dernières années dans le monde des relations publiques. Au sein de l'industrie, on respecte beaucoup notre agrément professionnel. Le titre ARP continue de refléter les plus hautes normes, développées et cultivées avec soin. Ce titre ne doit être attribué qu'aux personnes qui l'ont vraiment mérité.

    Les relations publiques ont atteint une position où elles sont plus respectées que jamais. Règle générale, les relationnistes partagent plus généreusement l'information qu'auparavant. Cependant, nous devons continuer à développer davantage la confiance dans nos relations avec nos collègues relationnistes et les gens que nous servons. Je m'inquiète de l'impact des technologies et de l'informatique sur notre capacité de travail. De nos jours, les postes de soutien sont moins nombreux qu'auparavant. Les gens n'ont plus de collaborateurs prêts à les épauler. Les professionnels travaillent plus fort et font de plus longues heures qu'il y a quelques années.

    Aujourd'hui, le mentorat pose de plus en plus de problèmes, car nous n'avons plus de personnel de soutien pour nous aider dans nos tâches quotidiennes. Parfois, nous semblons trop occupés pour servir de mentor ou contribuer à la formation de ceux et celles qui formeront l'avenir de la profession.

     
    Je me tiens à jour en lisant ce qui se publie en relations publiques et je rencontre sur une base régulière les autres membres du Collège des Fellows de la SCRP. La Société canadienne des relations publiques et l'industrie en général ont un avenir radieux, mais si nous voulons atteindre nos buts et objectifs, nous devons prendre une pause afin de contempler le passé et envisager l'avenir. À ce sujet, je me rappelle une citation : " Souvenez-vous que chaque génération est portée en avant dans les bras de la précédente. "