Michel Dumas, B.A., L. Ph., M.Sc. (RP)

Montréal, Quebec

Consultant, auteur, professeur et leader, Michel Dumas est considéré comme un véritable visionnaire des relations publiques au Québec, au Canada et sur la scène internationale. Devenant, à la fin des années 1960, l'un des rares sinon le premier professionnel canadien à détenir une maîtrise en RP, Michel Dumas a mis à profit sa formation spécialisée pour contribuer au renforcement de la compétence et de l'éthique de la profession. Michel Dumas a non seulement agi à titre de leader dans des associations provinciales, nationales et internationales, mais il a également partagé son savoir et son expérience via ses nombreux écrits, sa recherche, son enseignement, ainsi que ses conférences à travers le monde.

Carrière

La carrière très diversifiée de Michel Dumas a été couronnée de succès et a influencé de façon déterminante le domaine des relations publiques. Originaire de Québec, il est diplômé de l'Université Laval (B.A. 1958), de l'Université de Montréal (L. Ph. 1962) et du College of Communication de l'Université de Boston (M.Sc. en RP 1972), où il a étudié auprès d'Edward Bernays, l'un des pionniers des relations publiques.

Il débute sa carrière en relations publiques à titre de directeur général des relations publiques pour l'Université du Québec (UQ), une institution à constituantes multiples. Outre son rôle de communication proprement dit et sa contribution au recrutement de nouveaux étudiants, il préside la Commission des relations publiques qui regroupe les directeurs des communications des différentes constituantes de l'UQ. C'est également à cette époque qu'il est élu président national de l'Association des bureaux d'information des universités du Canada (1971). Il se tourne ensuite vers le monde des affaires où il devient, en 1977, directeur général adjoint aux communications de la Fiducie du Québec (alors le bras fiduciaire du Mouvement Desjardins). Michel Dumas assume, en plus des relations publiques, la responsabilité du marketing, du service à la clientèle et de la publicité, et gère un budget publicitaire annuel d'environ un million de dollars, somme importante à cette époque.

En 1978, il devient directeur des communications du ministère de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme. Avec une cinquantaine d'employés et un important budget, il assume la responsabilité de toutes les communications à caractère économique dans les Délégations du Québec à l'étranger, ainsi que d'une cinquantaine de publications par année dont l'une destinée à l'international, publiée en sept langues. Durant son mandat, il travaillera, avec ses pairs, à préciser la fonction d'un département de communication dans la structure gouvernementale en mettant l'accent sur un principe de base : l'importance des communications comme véritable fonction de gestion.

Son expérience dans les domaines public et privé lui a fourni les outils nécessaires pour devenir consultant. En 1980, il mettra à profit son talent, son ambition et sa passion et plongera dans une carrière de consultant, en cofondant le cabinet de consultation Dumas, Dupré et associés. Le cabinet deviendra plus tard le groupe BDDS qui se positionnera comme le deuxième cabinet de RP en importance au Québec. En 2000, le groupe deviendra BDDS Weber Shandwick.

La contribution de Michel Dumas en tant que professionnel des relations publiques est tout à fait exemplaire. Reconnu pour sa vision stratégique, il sera invité à titre de conférencier et d'animateur à de nombreuses conférences et rencontres internationales au Canada et aux États-Unis, ainsi que dans les villes de Moscou, Shanghai, Paris, Trieste (Italie), Saragosse (Espagne) ou Thessaloniki (Grèce). Plus tard, il sera sollicité pour d'importants mandats de consultation et de recherche auprès du Bureau International des Expositions (BIE), à Paris. Puis, en 1998 et durant les années subséquentes, il a présidé, à Budapest, le jury International du Prince Awards Festival, un festival international du Film, Vidéo et Multimédia en relations publiques, parrainé par des associations professionnelles internationales et européennes et par The Global Alliance.

Michel Dumas est un ardent promoteur de la reconnaissance professionnelle, des obligations éthiques et de la formation pour les relations publiques. Au milieu des années 70, alors que la formation en relations publiques au Québec reste encore embryonnaire, il participera à la création du premier noyau d'enseignement universitaire. Puis, au milieu des années 1980, il contribuera à l'élaboration et la mise sur pied de divers programmes d'enseignement dont l'un à l'intention des praticiens en exercice. Son engagement dans la profession l'amènera à enseigner les relations publiques dans plusieurs universités québécoises, dont l'Université Laval et l'Université de Montréal.

Toujours actif, Michel Dumas est maintenant professeur associé au Département de communication sociale et publique de l'Université du Québec à Montréal et chercheur à la Chaire de relations publiques et communication marketing. À la Chaire, il a également été membre du Conseil d'administration (2003-2005), directeur du Centre d'innovation (2003-2007) et rédacteur en chef de Recherches RP (2003-2005). Généreux de son temps, il n'hésite pas à pointer les défis et dangers qui guettent les professionnels des RP et à promouvoir le rôle central des communicateurs dans l'accompagnement des organisations face à leurs responsabilités sociales.

Principales réalisations

Leader très respecté, Michel Dumas a influencé des générations de communicateurs, et continue aujourd'hui à partager sa passion et son savoir en signant coup sur coup en 5 ans, trois ouvrages phares sur la profession: Les relations publiques, une profession en devenir (2010), Les expositions internationales, un univers de communication (2010) et Les cabinets de relations publiques: évolution, meilleures pratiques et perspectives d'avenir (2014).

Profitant de son important mandat au BIE et de la volumineuse documentation y étant répertoriée, il démarre un projet encore jamais réalisé auparavant sur les expositions internationales. Rassemblant les meilleures pratiques de communication depuis la Seconde Guerre mondiale, il entame l'écriture d'un ouvrage qui propose un modèle de communication globale pour ces grands évènements. Les expositions internationales, un univers de communication est lancé en Chine, sur les lieux mêmes de l'Exposition universelle de Shanghai 2010. Il est également l'auteur de nombreux chapitres de livres et d'articles.

À titre de membre de longue date et d'ancien président de Worldcom Group, le plus grand réseau de cabinets indépendants de relations publiques au monde, Michel Dumas, en collaboration avec des cabinets membres de ce réseau, effectue une recherche qu'il présente à Washington lors d'une conférence de l'International Association of Business Communicators en 1990. Il y démontre que devant une même problématique et les mêmes enjeux, les cabinets de RP adoptent à peu près la même approche, mais que par contre, il s'impose de tenir compte des valeurs et des réalités locales lors de la phase d'exécution du plan.

Prix et reconnaissances

  • Récipiendaire du prix « Distinction en consultation ACRPQ » (Alliance des cabinets en relations publiques du Québec, 2011)
  • Récipiendaire du Grand prix Équinoxe (Société des relationnistes du Québec, 2003)
  • Reconnaissance spéciale « pour la qualité de l'implication personnelle et la contribution au succès exceptionnel du Quatorzième Congrès » (Congrès mondial de l'énergie, 1989)
  • Premier récipiendaire du prix « Contribution émérite au développement de l'enseignement, de la recherche et de la pratique des relations publiques au Québec » (Association des relationnistes du Québec, 1979)
  • Récipiendaire, prix « All-Press America » (Educational Press Association of America, 1968)

Contributions communautaires et professionnelles

Michel Dumas fut un promoteur inlassable de la reconnaissance professionnelle, de cadres de pratiques éthiques et de la formation spécialisée en relations publiques. Il s'est impliqué activement dans des conseils d'administration et des réseaux régionaux, nationaux et internationaux.

Véritable rassembleur et homme d'influence, Michel Dumas fut une des forces unificatrices de la profession au Québec. En 1973, un groupe de communicateurs québécois crée une nouvelle association dont il devient le premier président : l'Association des relationnistes du Québec (ARQ). Quelques années plus tard, il représentera l'ARQ lors des échanges avec la SCRP-Section Québec en vue de créer une seule association de professionnels en relations publiques, fusion qui se concrétisera sous le nom de Société des relationnistes du Québec, aujourd'hui connue sous le nom de Société des professionnels en relations publiques (SQPRP).

Durant toute sa carrière, concevoir les relations publiques comme une profession sera prioritaire pour lui. Il se fait le promoteur de cadres de pratique bien définis et d'un corpus de connaissances arrêté, transmis par la formation spécialisée. Il s'inquiète du danger que constituent les gens sans formation qui s'approprient le titre de professionnel en relations publiques et qui en ternissent l'image. Contre tous les doreurs d'images et les « spin doctors » qui interviennent sur la place publique, Michel Dumas soutiendra sans relâche la nécessité de la reconnaissance professionnelle en RP et de l'éthique dans la pratique des communicateurs. C'est ainsi qu'il assumera, de 2007 à 2014, la responsabilité du programme d'agrément A+ de l'Alliance des cabinets de relations publiques du Québec, une association encore toute jeune qui prône l'éthique professionnelle et des cadres rigoureux de pratique dans les cabinets de RP.

Il a également agi à titre de président du conseil d'agrément de l'ARQ (1977), de président du comité de développement professionnel de la SCRP (1986-1987), de responsable d'un sondage sur l'avenir des relations publiques au Canada pour la SCRP (1987-1988).

Si Michel Dumas croit d'abord et avant tout que les relations publiques doivent avoir des assises locales bien ancrées, il deviendra progressivement un moteur influent à l'échelle internationale dans sa propre sphère d'activités. En 1991, il devient président du réseau canadien de Worldcom Canada, puis président de la section des Amériques (1994), qui regroupe à la fois l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud, puis, en 1995-1997, président de Worldcom Group.

Dans sa communauté, il a agi à titre de membre du conseil d'administration du Bureau d'éthique commerciale (1983-1984), de la Magnétothèque (1980-1981), de la Fondation du Collège Jean-de-Brébeuf (1990-1992), et de Centraide. Il a également été président de la Fondation Expo 67 (2010-2014) et membre du jury des prix remis par la Foundation for the Advancement of Canadian Letters (1993) sans compter sa participation à de nombreux comités du Gouvernement du Québec.

Pire moment de sa carrière en relations publiques

« Nous expérimentons tous des moments difficiles au cours de notre carrière », affirme Michel Dumas. « En tant que président d'un cabinet de consultation et employeur, j'ai toujours trouvé difficile de voir des collègues dont j'étais proche, quitter la firme pour des raisons diverses, bien que je sois conscient qu'il faille respecter le plan de carrière de chacun, sans égard à nos liens d'amitié ou professionnels ».

« En tant que professionnel, j'ai vécu mes pires moments en partageant les difficultés de mes clients. Je me souviens, par exemple, du cas d'un réseau de coopératives qui, à la suite d'une série d'histoires négatives, diffusées sur une chaîne télévisée de grande écoute, mais dont les faits n'étaient pas toujours avérés, a du faire face à un retrait massif des fonds par ses membres. L'avenir de cette organisation, ainsi que la sécurité financière de ses membres, dépendaient en grande partie de l'efficacité de notre travail de communication ».

Conseils aux jeunes diplômés et jeunes professionnels en début de carrière

Sans surprise, la formation apparaît au sommet des recommandations de Michel Dumas, qui en fait une priorité incontournable. Une formation générale d'abord, à laquelle se greffent idéalement d'autres domaines comme le management ou le droit. Et bien sûr, une formation spécialisée en relations publiques. Pour lui, connaître la théorie des communications et des relations publiques, mais aussi l'éventail des ressources et techniques nécessaires pour la pratique, reste indispensable avant de débuter dans la pratique.

Savoir écrire et parler en public restent toujours des habiletés indispensables. L'écrit notamment doit devenir une seconde nature pour les professionnels des RP, même en cette ère numérique: communiqués de presse, plans de communication, blogues, bulletins, propositions sont toujours au rendez-vous. De la même manière, savoir se comporter avec respect et s'exprimer avec facilité, est une nécessité pour les professionnels des RP qui sont régulièrement appelés à agir comme porte-parole de l'organisation auprès des parties prenantes, ou comme animateurs dans différentes situations ou encore simples participants à des rencontres élargies d'information et de consultation. Le futur professionnel doit aussi se tenir au courant des principales questions d'affaires publiques et des valeurs qui influencent l'opinion, telles que le développement durable et la responsabilité sociale.

De façon plus globale, Michel Dumas croit fondamental que le futur praticien en RP ait le goût du dialogue, un élément essentiel pour établir de bonnes communications. Car un dialogue véritable permet non seulement la compréhension et le respect mutuel, mais offre également la possibilité d'une interinfluence entre les parties prenantes et l'organisation. Cela correspond aux communications bidirectionnelles, la forme de communication la plus accomplie comme l'a démontré Grunig, et dont les futurs professionnels devront s'inspirer dans leur pratique.

Il ajoute que les professionnels de relations publiques sont ceux qui connaissent le mieux les enjeux et les défis auxquels doit faire face l'organisation et les attentes des parties prenantes. Ils sont donc les mieux placés pour provoquer et accompagner le changement souhaité. Cela nécessite beaucoup de doigté et de capacité d'écoute.

Enfin, une certaine passion pour l'entrepreneuriat constitue un plus pour le futur professionnel, particulièrement s'il envisage de pratiquer en cabinet. Il doit aussi développer la meilleure approche avec chaque client, avec le souci constant d'offrir les meilleurs services. Il doit également se soucier de développer sa propre clientèle.

L'avenir des relations publiques

Michel Dumas parle de l'avenir des RP avec beaucoup de nuances. S'il est très clair pour lui qu'il y a de l'avenir pour la communication publique, il craint par ailleurs que la fonction de relations publiques ne soit de plus en plus assumée par des professionnels autres que des relationnistes.

De nombreux changements ont affecté la pratique des RP au cours des années et les spécialistes en RP doivent demeurer alertes et se maintenir à jour pour rester en tête dans leur zone d'activités, sans toutefois délaisser leur implication active au sein de la profession, une responsabilité qui leur revient s'ils veulent promouvoir une communication de qualité et respectueuse des règles éthiques autant dans l'organisation que la société en général.

Le plus gros défi que rencontrent les professionnels depuis déjà quelques années se trouve sans contredit du côté des médias sociaux dont le rôle est tel aujourd'hui que ce sont eux qui façonnent et déterminent largement l'opinion publique. Cette nouvelle réalité exige la mise en place de mécanismes très structurés pour la surveillance et l'interprétation de ce qui se dit et s'écrit afin de planifier rapidement les interventions publiques de l'organisation. En même temps, les professionnels en RP doivent être proactifs et développer de nouveaux moyens de transmettre agressivement leurs propres contenus.

Conserver un rôle central dans la pratique des RP constitue aussi un défi majeur pour les professionnels du domaine. De plus en plus d'intervenants provenant de professions étrangères aux relations publiques, tels des consultants en marketing ou en publicité, en administration ou en finances, voire même des avocats, empiètent cherchent à agir comme consultants en communication. Vu que les besoins pour ce type de services augmentent, ils y trouvent une source de revenus supplémentaires. Les professionnels en relations publiques doivent donc prendre ce phénomène au sérieux car il risque de miner la profession.

Enfin, le professionnels des RP doivent rester préoccupés par l'activité croissante des « spin doctors », notamment dans le milieu de la politique. Ces personnes s'identifient souvent comme des professionnels en relations publiques, dont elles violent sans scrupule, toutes les règles d'éthique : communication transparente, authentique, honnête et respectueuse de la vérité. Les professionnels en relations publiques doivent, en toutes circonstances, se distancer de ces imposteurs et dénoncer leurs actions. Le problème, selon Michel Dumas, est la faiblesse et la fragilité des organisations professionnelles, particulièrement des plus petites qui œuvrent à l'échelle locale et qui, faute de ressources et de budgets suffisants, ne peuvent déployer les efforts nécessaires pour défendre et promouvoir les relations publiques véritables.

Michel Dumas se veut toutefois rassurant : « Pour moi, l'avenir n'est ni rose ni noir... Je vois plutôt des défis importants que les spécialistes en relations publiques peuvent relever, car ils en ont les moyens. En misant sur leurs compétences, leur savoir, leur compréhension des enjeux et leur sensibilité aux nouvelles valeurs sociales comme le développement durable, ainsi que sur leur éthique professionnelle, ils pourront faire face. L'inaction n'est pas une alternative. Ils doivent continuer d'être les artisans d'une communication bidirectionnelle entre l'organisation et ses parties prenantes. Ce rôle est essentiel, tout comme leur leadership dans la gestion de la communication publique. Ils ont tout pour défendre et promouvoir les relations publiques, cette belle et magnifique profession».